Et voici le propos de la lettre :

Salve Sodalis. Je vous fait part dès ce jour de la plainte déposée à votre encontre pour avoir tenté de priver un mage de ses pouvoirs, haut crime au sein de l'Ordre, et vous prie par la même, de vous présenter dans les meilleurs délais à Doïsseteppe afin de répondre de cette accusation. Protantus, filius Bilera, Quaesitoris ad Doïsseteppe.

Nous connaissions Protantus, certains de nom, d'autres pour l'avoir rencontré lors d'une précédente visite à Doïsseteppe, et s'il accusait Elyabel d'avoir commis un haut crime au sein de l'ordre, c'est qu'il devait y avoir de bonnes raisons.

Arrivée à Doïsseteppe, Elyabel et son équipage rencontrèrent Protantus qui leur fit part d'une lettre qu'il avait reçu, signée de la main de Flavius. En substance, Flavius accusait Elyabel de lui avoir lancé un sort dans un moment critique, lui paralysant la langue et le privant en partie de ses pouvoirs. Elyabel devait donc répondre de cet acte et elle reconnu les faits. Les procédures s'en trouvaient dès lors simplifiées et il ne restait qu'à trouver un accord quant aux dédomagements. Ceci demanderait certainement quelques jours.

installés dans une des maisons d'hôte de Doïsseteppe, la turbula s'apprêtait à passer quelques moments de détente après ce long voyage. Cependant, à la tombée de la nuit, Elyabel, accompagnée de Wilfried s'éclipsa. Sans Nom et Osric, curieux, décidèrent de la suivre. Elle les mena dans une petite venelle. Elyabel entra seule dans une petite maison de Deux étages, laissant Wilfried dehors. Osric et Sans Nom, tout en continuant de surveiller les agissements de Wilfried, se rendirent rapidement compte qu'ils étaient suivis. Quelques tentatives échouèrent à contourner ceux qui les suivaient. Elyabel finit par ressortir de la maison et retourna à la maison d'hôte.

Le lendemain matin, le maître de Flavius vint provoquer Elyabel en Certamen pour avoir osé porter la main sur son filius. Il la défit et Elyabel demeura inconsciente toute la journée. Le soir venu, elle ressortit à nouveau. Osric lui demanda où elle se rendait ainsi. Elle parla dans sa réponse d'une personne qu'elle devait rencontrer, sans précision.

Le troisième jour, tous se rendirent compte que Drian avait disparu, ainsi que la jeune fille qui semblait l'avoir quelque peu séduit la veille au soir. Jeune fille étrange au demeurant arborant une bague de bien belle facture pour une femme de sa condition. Mederic et Sans Nom apprirent qu'elle avait un frère du nom de Géraud, garçon jaloux et bagarreur, membre de la Garde de Mission. Mais lui non plus n'avait pas de nouvelles de sa soeur. Alors qu'ils enquêtaient dans Doïsseteppe sur la disparition de Drian et de cette jeune fille, ils remarquèrent deux hommes qui les suivaient. Les apostrophant, puis les suivant à leur tour, ils apprirent ainsi que ces hommes étaient des membres de la Garde Noire de Doïsseteppe, garde en charge des opérations touchant à l'espionnage notamment.

Osric parvint, par ses talents magiques, à retrouver la piste de la jeune fille. Elle menait à une maison où deux gardes la gardaient prisonnière. Après une lutte au cours de laquelle Méderic et Sans nom furent blessés, ils parvinrent à sauver la jeune fille, bléssée à mort par un des gardes, et à faire parler le garde survivant. Il s'avérait ainsi que la Garde Noire avait été chargée de les surveiller, mais seul leur chef, Thomas, en savait davantage. Ce dernier révéla enfin qu'il tenait ses ordres de Misgaeroten, un Tremere. Driant, quant à lui, était enfermé dans des grottes situées sous Doïsseteppe. Il fut assez simple de le retrouver.

Protantus, suite à cette malheureuse affaire, proposa un compromis : un accès d'un an à la bibliothèque de Doïsseteppe pour Elyabel et Osric, ainsi que tout membre de la Chénaie des Pas Perdus (chacun 1 an), car il estime que Doïsseteppe toute entière a une dette envers la Chénaie des Pas Perdus.

Elyabel révéla enfin qui elle avait rencontré ces deux derniers soirs : il s'agissait de Vinaria, ancienne Primus de la maison Merinita, qui avait disparu en 1203 et était reparue en 1209 sans donner d'explication. Elle a demandé à Elyabel de l'aide afin de protéger les forêts et les lieux de magie de tous genres contre les incursions des chrétiens, mais aussi redonner toute la place à la voie de Merinita, longtemps oubliée dans la maison au profit de la voie de Quendalon. Elle insista sur l'urgence et le besoin de se doter de certains artéfacts, dont la corne de Celiandel, qui est reparue ces dernières années d'après ce qu'elle sait. Si elle a certes besoin de la corne, elle a aussi besoin d'alliés, en particuliers au sein des autres maisons que sont notamment Bjornaer et Ex Mischellanea. Elle insista aussi sur l'intérêt que les autres maisons (Tremere, Flambeau, Tytalus notament) portent à la corne de Celiandel car ils savent désormais que cet artéfact est reparu et il lui paraît étonnant que ces maisons ne se mêlent pas de cette histoire. Leur position au sujet des vulgaires est d'aileurs sans équivoque, car elles ne souhaitent pas s'imiscer aux affaires des croisades albigeoises et eviteront toute tentative de la part des autres maisons d'agir contre les vulgaires, ce qui selon eux, risquerait d'entrainer une confusion dans l'esprit des chrétiens. La croisade contre les albigeois risquerait dès lors de s'étendre contre l'Ordre d'Hermès.

Vinaria, quelques semaines après le retour de notre Turbula, nous a rejoint, accompagnée par un mage de la maison Jerbiton. Elle souhaite nous aider à étudier la Harpe d'Eusope qui pense t-elle, nous aidera à nous mettre sur la piste de la Corne de Celiandel.