De l'An de Grâce 1197...
Par Honorius le 12 octobre 2006, 12:23 - De la Saga - Lien permanent
Eté 1197: Enfin nous avons enfin quitté la Crête des Brumes, et il était grand temps...
Depuis quelques mois, l'atmosphère de l'Alliance nous pesait de plus en plus. Orialc et moi en avons beaucoup parlé : nos aînés ne nous considéraient pas à notre juste valeur. Plus le temps avançait, plus les choses empiraient.Nous ne pouvions plus aller dans le laboratoire de nos maîtres respectifs et il était de plus en plus difficile d'étudier les arts magiques. Enfin, le conseil ne tenait guère compte de nos avis. Je ne sais pas exactement ce qui justifie un tel comportement, d'autant que, en tant qu'apprenti, nous étions considérés comme l'avenir de la Crête des Brumes. Ainsi, semaines après semaines, il était de plus en plus évident qu'il nous fallait quitter ce lieu et créer notre propre Alliance. Orialc et Elyabel étaient d'accords. De plus, nous avions tous les trois obtenu notre Sceau. Deux autres apprentis étaient grandement intéressés, mais ils ne pouvaient quitter l'Alliance, leur formation n'étant pas achevée. Nous ne pouvions les attendre, car il fallait absolument que nous trouvions un endroit où passer l'hiver en toute quiétude. Et l'été avançait à pas de géant.
Voici cinq jours que nous sommes partis. Nous nous dirigeons vers le Nord. Il paraît qu'il y a beaucoup de lieux anciens datant du temps des romains dans le comté de Limoges. Peut être y trouverons nous notre Eden. Nous avons rendu visite à quelques albigeois que Orialc connaissait. Ils ont construit une imposante forteresse en haut d'un piton rocheux. Orialc avait l'air particulièrement satisfait mais je n'ai pas très bien compris pourquoi.
Fin Août 1197 : Nous avons probablement trouvé un endroit où nous installer. C'est un ancien moulin fortifié situé sur des terres appartenant au Chevalier Eudes de Rochebrune, un vassal du Baron de Rochechouart. Nous avons rencontré ce chevalier à l'auberge du village et il nous a invité à dîner en sa compagnie. Peut être a-t-il vu que nous n'étions pas de simples voyageurs. En tous cas, il est de notre intérêt de nous rendre à ce dîner car il nous faudra tisser les meilleures relations possibles avec ce chevalier. A mon sens, Orialc a tord de ne pas vouloir lui dire que nous souhaitons nous installer sur ses terres. Nous ne pourrons rester reclus dans notre Alliance et il nous faudra de toute façon composer avec les seigneurs locaux. Mais notre projet d'installation dans ce moulin est délicat. En effet, le lieu n'est pas très bien vu de la population qui croit que des géants y habitaient. Il semble d'ailleurs que cette crainte se soit transformé en haine il y a plusieurs dizaines d'années. En effet, Orialc a retrouvé dans les ruines de ce moulin le cadavre de ce que nous pensons tous être un magicien. Et comme le lieu rayonne d'une aura magique, nous pensons que ce moulin a du servir de lieu de résidence à ce magicien qui aura été tué lors d'une révolte ou d'une expédition punitive. Ceci a peu d'importance: il y a tellement de façons de mourir en nos temps troublés...Le lieu lui même est intéressant par deux aspects: la présence du cours d'eau qui nous permettrait de faire fonctionner le moulin, mais surtout l'existence d'un étrange brouillard ainsi que d'une forêt. Je dis que le brouillard est étrange car Orialc me racontait qu'après y avoir marché quelques minutes, il s'était retrouvé à son point de départ. Par la suite, Orialc seul a réussit à franchir le brouillard et à atteindre le moulin, grâce à sa Parma Magica m'a t'il avoué. Cependant, il a récupéré un pendentif d'une forme assez étrange qui, semble-t'il, protège son porteur et les personnes qui l'accompagnent des effets du brouillard. Tout ceci contribue donc à la mauvaise réputation de l'endroit. Mais pour nous, il semble presque parfait.
Wilfried vient de partir pour retourner à la Crête des Brumes chercher nos deux amis apprentis Sargaestum et Elvira qui devraient bientôt avoir fini leur formation. Pendant ce temps, nous allons commencer les premiers préparatifs.
La fin de la journée d'hier a été assez mouvementée. Orialc et Elyabel ont voulu visiter les lieux aux alentours. Face à un garde chargé de collecter des taxes sur un pont, ils n'ont rien trouvé de mieux que de détruire le pont et de faire croire au garde que cela était dû à l'attaque d'un sanglier grand comme un cheval. Le garde est parti affolé. J'espère que cela ne va pas attirer les curieux et que les paysans ne feront pas l'amalgame entre nous et ce prétendu sanglier géant. Mais le plus dangereux pour nous s'est produit hier soir, Orialc ayant volé un pendentif à la femme du Chevalier. Il s'agit du même pendentif que celui qu'il a trouvé dans le moulin. Et celui là aussi protège des effets du brouillard. C'est donc à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Il va nous falloir être très discret désormais. Nous avons de quoi manger pour plusieurs semaines, et nous allons donc commencer à nous installer dans les bâtiments du moulin en attendant le retour de Wilfried.. Elyabel, quant à elle, a décidé de perpétuer le mythe du sanglier géant. Je ne sais ce qu'elle a derrière la tête.
Fin Septembre 1197 : Ca y est, Wilfried est de retour avec nos deux amis mages ainsi que des compagnons et des servants. Il lui est arrivé une histoire peu banale. Deux créatures, qu'il pense être des fées, se sont servies de lui à Rochechouart. Déguisées en ménestrel, elles sont entrées avec lui dans le château du Baron pour participer à un banquet, comme cela se fait très souvent. Mais le lendemain matin, alors qu'il avait dormi au château, il fut arrêté par les gardes pour avoir courtisé la fiancée du Baron, fille du Comte de Limoges et ainsi mis en péril le mariage du Baron avec la fille de son suzerain. Plusieurs témoignages l'accusaient. Et surtout, personne ne l'avait vu le soir avec les ménestrels. Tout le monde jurait qu'il était entré seul. Il a donc été jeté au cachot en attendant son procès. Mais, le conseiller du Baron, un homme d'environ 45 ans, comprit qu'il disait la vérité. En effet il s'agissait d'un mage, Hadrius, fils de Nebitrinus de Bellaquin, suivant de Jerbiton. Le sort Souffle Glacé du Mensonge lui permit de le comprendre. Il lui proposa donc, pour que Wilfried s'en sorte, de passer une Ordalie par le feu. Il le soignerait ensuite pour que le Jugement de Dieu soit en faveur de Wilfried. Cependant, Wilfried devait lui donner une mèche de ses cheveux et ensuite aider Hadrius à résoudre ce cas dès que de plus amples informations lui parviendraient. Tout se passa donc tel qu'Hadrius l'avait dit. Wilfried fut donc relâché avec une réputation de protégé de Dieu et pu retourner à la Crête des Brumes pour aller chercher nos futurs sodalis.
Nous étions enfin au complet, mais déjà, il nous fallait résoudre le problème du sanglier géant ainsi que l'histoire du bijou de la femme du Chevalier. Pour le sanglier géant, une solution fut vite trouvée et nous espérions qu'elle nous attirerait la sympathie du Chevalier de Rochebrune. La réputation de Wilfried pouvait nous être d'un grand secours. Wilfried, Kémal et Simon tuèrent donc un sanglier et Elyabel le fit grossir. Je comprenais ainsi mieux pourquoi Elyabel avait tenu à perpétuer cette histoire.
Wilfried en tête, nous amenames la dépouille du sanglier géant au Chevalier de Rochebrune qui nous en remercia sans attendre. Nous profitames du repas au château pour laisser tomber dans le foin recouvrant le sol une habile réplique du bijou de sa dame. Bien entendu, on devait la retrouver par hasard dans le courant de la soirée. Notre réputation était faite : Wilfried était protégé de Dieu et nous avions débarassé la région de ce sanglier géant. Nous pumes donc négocier avec Eudes le droit d'occuper l'ancienne forge et de la remettre en état contre un renouvellement de l'équipement de ses hommes à raison d'un tiers par an.
Nous passâmes une longue nuit à rédiger la charte de notre Alliance. Si des dissensions sont apparues entre nous, elles n'avaient pour but que de permettre la mise au point des règles de vie qui gèrent désormais notre quotidien. Dès lors, nous sommes tout à fait maîtres de notre destinée.
Mi Octobre 1197 : Plusieurs événements étranges viennent de frapper notre communauté. Tout a commencé par la découverte de squelettes de soldats en nos murs. Ceux-ci se trouvaient sous des éboulis que les servants nettoyaient. Avec la découverte de ces deux cadavres vieux de plus de cinq générations, le lieu où nous avions décidé de nous établir devenait de plus en plus étrange. Nous nous mîmes en demeure de vérifier s'il n'y avait pas quelques pièces cachées. C'est sous l'escalier menant à l'étage de la tour magne que nous découvrîmes un passage protégé par un simple sort Terram. Ce passage était un escalier qui descendait en sous-sol. Une fois arrivé en bas, nous nous trouvâmes dans une grande pièce ronde au milieu de laquelle se trouve un bassin très étrange. Celui-ci a une margelle faite de pierre, de métal et de bois entremélés aussi lisse que du marbre. Au fond du bassin, où subsiste une eau parfaitement claire, on peut voir une splendide mosaïque représentant une vallée de montagne d'une grande beauté. Au milieu de cette vallée, on peut voir un magnifique Château qui ne ressemble en rien aux châteaux de nos chevaliers, barons et comtes. Elvyra s'est attelée à la tâche et essaie actuellement d'en savoir plus sur cet étrange bassin. Apparemment, elle aurait reconnu des runes sur la margelle.
Mais d'autres faits se sont produits dans le même temps. En visitant la forêt alentour, Elvyra, Elyabel, et Saer Gaestum ont découvert un cimetière dont certaines sépultures renfermaient des magiciens et du virtus ayant environ deux siècles, et ce qu'il est commun d'appeler un regio. A l'intérieur, on découvre un pont fait de racines et une clairière où trônent quatre magnifiques chênes. Là, vivent des êtres féeriques appartenant à une cour de Lumière. Notre rencontre avec eux n'a pas débuté de la meilleure manière. Saer Gaestum s'est laissé emporter suite à une plaisanterie des fées. Celles ci se sont alors vengées et pendant un temps, nous nous sommes retrouvé sans aucun vêtement. Cependant, en tentant d'expliquer aux fées comment on jouait aux dés, il réussit à s'attirer leur sympathie. Celles ci lui ont rendu ses affaires, et les nôtres par la même occasion. Nous avons appris par la suite, au sujet de ces fées, que au lieu des quatre chênes visibles dans la clairière, il y en avait en réalité six : les deux autres se trouvant dans un second régio où se dissimule la demeure des fées, château de branches, de racines et de feuilles. C'est ainsi que s'est achevée notre première rencontre avec les fées.
Décembre 1197 : Plusieurs autres histoires sont arrivées à notre communauté depuis que la neige a commencé à tomber. Quelques uns de nos servants étaient partis en quête de nourriture à Saint Junien, accompagnés pas un de nos compagnons, Simon. Sur le chemin du retour, ils vinrent en aide à un homme et à sa fille qui étaient attaqués par des loups. Ces animaux ont parfois un comportement étrange. Nous sommes au tout début de l'hiver et ils sont déjà très agressifs. Sauvant l'homme, nos servants et compagnon se sont rendus compte que sa fille, une enfant d'une dizaine d'années, était gravement bléssée. Ils n'ont eu d'autre choix que de les ramener à proximité de l'Alliance et de faire appel aux talents d'Elyabel pour la soigner. Ensuite, ils accompagnèrent les deux voyageurs chez l'herboriste de Rochebrune pour qu'il s'occupe de l'enfant. Ils apprirent alors que l'homme, un juif du nom d'Isaeü qui fuyait les persecutions, était scribe. A leur retour, ceci éveilla mon intérêt et je voulus en savoir un peu plus sur cet homme qui pourrait nous être fort utile. Alors que je parlais avec lui dans l'auberge, l'un de mes compagnons remarqua un étranger qui semblait nous fixer avec insistance. Voulant en savoir plus, nous partîmes et nous rendiment compte que l'homme se levait à notre suite pour aller parler à l'aubergiste. Nous décidâmes de le suivre. C'est Simon qui s'en chargea dans un premier temps, puis Wielfried, désormais au Château du Chevalier et que l'étranger n'avait jamais vu en notre compagnie. Wielfried put ainsi l'aborder et parler avec lui. Il fit le rapport suivant : d'après plusieurs indices, il lui semblait que l'homme devait être un mage. Le lendemain, Elyabel se rendit à l'auberge. Reconnue par l'étranger comme étant une mage, celui ci se présenta à elle et lui avoua qu'il était un Toque Rouge. C'était notre première rencontre avec un membre de l'Ordre d'Hermès depuis que nous nous étions installés.
Le soir même, deux groupes de fantômes hantèrent l'Alliance, se livrant une puissante bataille. Nombreux parmi eux étaient des magiciens, dont des membres de la maison flambeau. Il ne serait pas étonnant que nous nous trouvions sur le lieu d'une des nombreuses batailles de la Guerre du Schisme et que notre Alliance abrita en ses murs des membres de la maison Diedne.